Les cantonniers à Limonest

1836

Il y a deux cantonniers à Limonest.

Ils vont « bénéficier » du nouveau règlement de février 1835, Antoine BOUCHARDIN a 52 ans et Claude PETASIQUE, 27, ce dernier est marié à Constance BRAILLON.

Plaque de cantonnier
Plaque de cuivre du chapeau de cantonnier

1841

Les effectifs sont complets, les cantonniers vivent tous en famille à Limonest

  • Jean THIBAUD est cantonnier chef, il vit à la Sablière avec sa femme Marguerite et son fils François.
  • Jean-Pierre GEY vit au Bourg avec sa femme Claudine et sa fille Claudine.
  • Étienne PRIEUR et sa femme Marie ont trouvé des prénoms originaux pour leurs deux enfants : leur fille s’appelle Jeanne et leur garçon Jean. Bien que ne sachant ni lire ni écrire, Étienne a été embauché comme cantonnier, les candidats ne sont peut-être pas si nombreux !
  • Étienne CAILLE habite au Petit Paris avec Henriette et leur fille Claudine.
  • Pierre PICARD réside à la Barollière avec Antoinette et leurs quatre enfants.
  • Jacques est aussi un nouveau cantonnier, c’est d’ailleurs son nom : NOUVEAU ; avec Anne son épouse ils ont deux enfants Marie et Jean.

1846

Encore des changements dans la liste :

  • Jean THIBAULT, est toujours là, même si l’orthographe de son nom change, il est déclaré cantonnier ambulant, il a 32 ans, son fils François en a 8.
  • Étienne CAILLE a 45 ans , Henriette 28 ans et Claudine 10 ans.
  • Pierre PROST, 37 ans, est marié à Marguerite VINCENT, 33 ans, ils habitent à Saint-André et ont une fille de 7 ans, Magdelaine.
  • François DUMONT a épousé Marie DUPONT, ils vivent avec Jean, le petit frère de Marie.
  • Jean BILLARD, 36 ans, demeurant au Puy d’Or est comblé, le 3 mai la petite Pierrette est née, sa maman Marie a bien travaillé.
  • Jean RIBERON s’est marié le 25 janvier de cette année 1846, la nouvelle mariée, Marie-Françoise SALETTE est très courageuse, sur le registre de l’état-civil la signature de son nom montre qu’elle n’a pas tremblé. (en fait, c’est son frère Jean qui a signé, car comme sa mère Augustine, qui vit aussi à Limonest, Marie-Françoise ne sait pas écrire).

    Mais pourquoi aurait-elle dû trembler en ce beau jour ? ... Parce que son nouveau mari est déjà veuf, par trois fois !

    Jean Riberon est né à Lentigny dans la Loire, le 15 pluviôse de l’an 11, il a 43 ans ; sa première épouse Magdelaine Devis est décédée à Chalamont en 1831, la deuxième Rose Collas à Lent en 1833, et la troisième Marie-Rosalie Salette à Ceyzeriat en 1843. Avez-vous noté ce dernier nom ? C’est le même que celui de sa nouvelle épouse, en effet, il se remarie avec sa belle-sœur, elle a 40 ans.

    Mais en 1846, l’article 162 du code civil prohibe le mariage entre beau-frère et belle-sœur ; heureusement pour Jean et Marie-Françoise, depuis 1832, l’article 164 donne la possibilité au roi de lever cette prohibition pour des causes graves.

    Le roi Louis-Philippe a donc accordé « une dispense de degré », le 20 décembre 1845, pour permettre ce mariage. Quelles pouvaient être les causes graves ?

    Sans doute l’éducation des jeunes enfants de Jean, car si les deux premiers Jean-Benoît et Marie-Françoise, nés de son premier mariage sont grands (19 et 16 ans) les enfants de la sœur de Marie-Françoise sont encore jeunes : Marie a 11 ans, Joseph 10 et Jean-Marie 7.

Billard

Riberon

Sallette

1911

Passons les décennies et retrouvons nous il y a un peu plus de cent ans, il y a alors 5 cantonniers et un chef à Limonest, sans oublier l’agent voyer Joseph POITRASSON qui réside dans le chef-lieu de canton, donc à Limonest.

  • Jean-Marie VIAL est chef-cantonnier, il est né en 1866 à Joux, sa femme Émilie a 6 ans de moins que lui et ils ont quatre enfants tous nés à Limonest.
  • Michel BEDIN a 36 ans, il vient de Saint Just-d’Avray et vit seul.
  • Régis CUZIN a 44 ans, il vient de Saint-Bonnet-le-Courreau dans la Loire, où son père était scieur de long ; sa femme Marie est de Boen-sur-Lignon, leur fille Antonine est couturière chez Dumas.
  • Henry CLÉMENT a 36 ans, il est né à Saint-Christophe-la-Montagne (aujourd'hui Saint-Christophe), son épouse Jeanne-Étiennette VINCENT est native de Limonest, elle a 28 ans et trois enfants. CLÉMENT est un cantonnier qui n’a pas perdu de temps, il n’y va pas par quatre chemins, le mariage a eu lieu le 8 novembre 1901 et le petit Jean est arrivé le 14 octobre 1902, ont suivi Maria qui a 7 ans et Jeanne 3 ans. CLÉMENT a aussi la joie d’avoir sa belle-mère à la maison, Marie Louise BUISSON, désidérienne de 57 ans.
  • Jean-Claude ROYER habite au Puy d’Or, il est né à l’Arbresle il y a 52 ans, son épouse Marie MAGDINIER, née à Lentilly est sa conscrite, avant son mariage en 1881, elle était ouvrière en soie, et Jean-Claude travaillait chez Mathieu GRANGER, au Puy d'Or, il a sans doute laissé sa place à son jeune frère Louis puis est allé travailler avec Marie chez Jean PUPIER à la Gabrielle. Depuis plus de vingt ans il est cantonnier ; leur fils Jean-François a été tuilier chez MAÏER, grâce à son oncle François Magdinier qui y travaillait aussi ; leur fille Françoise n'a malheureusement vécu qu'un mois.
  • Étienne AYNÉ est le plus âgé des cantonniers, il a 62 ans, il est né à Dardilly. Avant d'être cantonnier il était cultivateur au Bois d'Ars, maintenant il réside à la Garde avec son épouse Louise, cultivatrice, son fils Pierre qui a 31 ans, sa belle fille Antoinette et son petit-fils Étienne âgé d'un an.

Vial

Clément

Royer

Ayné

Poitrasson

Enfin un dernier mot sur un ami du cantonnier-chef : l'agent voyer Joseph POITRASSON-GONNET, né au Bois-d'Oingt en 1871 ; en 1906 quand il prépare méticuleusement la soumission pour le lavoir du Petit Paris à Limonest (voir histoire d'un lavoir : http://lavoirsrhone.free.fr), on se demandait s'il n'avait pas une sensibilité monarchiste, ses enfants se prénommant Philippe-Auguste et Marie-Antoinette ; mais en 1908 un nouveau né est arrivé, qui a reçu le prénom d'Auguste-Marie, aucune référence royale, ses idées ont-elles changé ou nous en étions-nous fait une fausse ?

Enfin, après avoir fait connaissance avec nos cantonniers, rions un peu avec eux !

Recrutement d'un cantonnier

Un cantonnier passe un test avant d’être embauché.

Afin de voir si le postulant sait manier une pelle, le maire lui demande de creuser un trou. Il s’exécute. Le maire, satisfait, lui demande de le reboucher.

Le travail terminé, le cantonnier s’étonne :

  • — je ne comprends pas, il y a plus de terre qu’avant, ça fait une butte…
  • — c’est normal, répond le maire, c’est parce que tu n'as pas creusé assez profond !

Carte postale du début du XXe siècle

L'agilité

L'agilité

Sur la route le cheval bute,
La comtesse fait la culbute,
Et tombant la tête première,
Elle montre tout son derrière.

Agilement, sans aucun mal,
Elle se remet à cheval,
Tandis qu'à l'aspect d'un corps nu,
Le cantonnier est accouru.

- Je vous remercie mon ami,
De moi n'ayez aucun souci,
Je suis très leste. Avez-vous vu
Mon agilité, Bienvenu ?

- Vous nommez ça l'agilité!
Je l'ignorais en vérité.
Au pays, un derrière nu,
Nous appelons cela un ...